Le Capitaine Kochanowski

Lors de nos recherches, nous avons retrouvé la première trace laissée par notre ancêtre polonais dans les registres de l'état civil de la commune de Saconin lors de son mariage le 24 février 1819 :

Mariage N° 1

Crakanoski (sic) Amand

L'an mil huit cent dix neuf, le vingt quatre du mois de février, pardevant nous, Maire de la commune de Saconin, canton de Vic sur Aisne, département de l'Aisne, sont comparus Amand Kokanoski, fils majeur de Joseph Kokanoski et de Marie Thomas, ses père et mère demeurant à Crakovie, qui n'ayant ni consentement ni présence de ses père et mère, que par conséquent il a fallu avoir recours à l'avis du Conseil d'Etat inséré au Bulletin des Lois du quatre thermidor an 13, N° 51, lequel, ledit Kokanoski, a déclaré sous serment que le lieu du décès ...

... et celui du dernier domicile de ses ascendants lui sont inconnus, déclaration qui a été certifiée aussi sous serment par les quatre témoins ci-dessous nommés qui ont affirmé que quoiqu'ils connaissent ledit Kokanoski, ils ignorent le lieu du décès de ses ascendants et leur dernier domicile,

et Demoiselle Marie Catherine Félicité, fille majeure de Claude Collier, manouvrier demeurant à Saconin, et de Marie Catherine Defourneaux, ses père et mère, ici présents et consentants. Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites devant la principale porte de notre maison commune, savoir, la première, le quatorze du mois de février 1819 à l'heure de midi et la seconde, le vingt et un du même mois à la même heure. Aucune opposition audit mariage ne nous ayant été signifiée, faisant droit à leur demande, après leur avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnées et du chapitre six du titre du Code Civil ...

... intitulé « Du mariage », avons demandé au futur et à la future épouse, s'ils veulent se prendre pour mari et pour femme. Chacun d'eux ayant répondu séparément et affirmativement, déclarons au nom de la Loi que Amand Kokanoski et Marie Catherine Félicité Collier sont unis par le mariage. De quoi avons dressé acte en présence de François Sagnier, manouvrier demeurant audit Saconin, ami de l'époux, premier témoin, Jean Baptiste Dupressoir, vigneron demeurant audit Saconin, second témoin, cousin germain de l'épouse, Louis Nicolas Mauprivez, ami de l'époux, troisième témoin, et Jean Baptiste Baillet, ami de l'épouse, tous demeurant à Saconin.

Lesquels, après qu'il leur en a été aussi donné lecture, l'ont signé avec nous et les parties contractantes ont déclaré ne savoir signer.

        Mauprivez          Sagnier          Dupressoir
                                   Baillet              Pinta

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Pensant que notre ancêtre était venu en France avec les troupes napoléoniennes, nous sommes allés explorer les archives militaires au Fort de Vincennes où l'exploration de quatre cartons des Archives militaires de l'Armée de terre (X2, Xl 9a, Xl 9c, Xh 26), nous a permis de retrouver quelques documents :

- Nomination au grade de Capitaine du Lieutenant Kochanowski, du 8ème Régiment Polonais, 2ème Division d'Infanterie. Ce document est daté du 23 octobre 1813, c'est à dire peu après la bataille de Leipzig.

- Extrait de l'état nominatif des officiers du Corps Polonais ou Légion de la Vistule, commandée par le Général de Division Henri Dabrowski, daté du 1er janvier 1814. Nous n'avons photocopié que les pages 1, 2 et 4 du document qui comporte huit pages. Y apparaissent deux Capitaines Kochanowski, l'un surnuméraire dans le 1er Régiment d'Infanterie, et le second faisant partie du 8ème Régiment d'Infanterie. Aucun prénom n'étant mentionné, nous ne pouvons pas savoir s'il s'agit de deux Capitaines distincts ou d'un seul et même homme, en instance de passage d'un régiment à l'autre. De toutes façons, cela prouve qu'il existait un Capitaine Kochanowski dans les Corps Polonais lors de la campagne d'Allemagne et de la campagne de France qui ont conduit à la première abdication de l'Empereur, le 11 avril 1814.

- Une nombreuse correspondance entre les Ministres de la Guerre de Napoléon et de Louis XVIII et divers Commandants de l'Armée au sujet du regroupement des soldats et officiers polonais à Sedan, Reims et Soissons, avant qu'ils ne soient renvoyés dans leur pays. Nous avons même trouvé une lettre disant que 600 polonais refusaient de repartir et, comme mesure de punition, le Ministre demande de les retenir ! D'après ces lettres, au début de l'année 1815, un certain nombre de soldats et d'officiers se sont dispersés dans les campagnes et se sont engagés chez des fermiers en espérant demeurer indéfiniment en France. C'est donc certainement ce qu'a fait notre ancêtre.

Des indications provenant de sources diverses (Bibliothèque polonaise par exemple) et qu'il serait fastidieux d'énumérer ici, nous ont permis de glaner d'autres informations et de nous convaincre de la véracité de nos hypothèses. Nous sommes pratiquement certains que notre ancêtre était Michal Korwin-Kochanowski.

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Renseignements sur la Capitaine Kochanowski
trouvés sur le serveur Minitel 36-17 BGNF

Troupes alliées, Troupes polonaises 1806-1814, 8ème régiment d'infanterie 1807-1814

Sous-lieutenant, blessé le 17.08.1812 à la bataille de Smolensk

Lieutenant, blessé le 07.09.1812 à la bataille de la Moskowa

Lieutenant, blessé le 18.10.1813 à la bataille de Leipzig

(Sa nomination au grade de Capitaine se fait quelques jours après qu'il soit blessé à Leipzig)

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