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Dispense de mariage datée du 7 septembre 1647 pour
consanguinité entre François Desjardins et Marie Poulain
Archives départementales de l'Oise : G 3386

Monseigneur

Monseigneur l'Evêque et Comte de Beauvais

Supplient humblement François Desjardins, demeurant en la paroisse de Cuignères, et Marie Poulain, fille demeurant en la paroisse d'Erquinvillers, à ce qu'il vous plaise, en vertu du pouvoir à vous donné par Sa Sainteté, notamment pour les pauvres de la condition desquels ils sont, les dispenser de l'empêchement du troisième au quatrième degré de consanguinité auquel ils sont parents, à cause qu'ils ne peuvent rencontrer parti sortable à leur condition esdites paroisses, pour la petitesse des lieux, lesquels ne sont éloignés l'un de l'autre de deux cents pas et prieront Dieu pour vous.

François Desjardin

Ma + Poulain


Vu par nous, vicaire général de Monseigneur, la requête ci-dessus et en vertu du pouvoir spécial à nous donné, avons commis le doyen rural de Pont..  pour informer de la vérité d'icelle. Fait le 7ème septembre mil six cent quarante sept.

Claude Tristan


Le Promoteur de la cure spirituelle de Beauvais qui a vu la requête ci dessus, les informations sur ce faites et interrogations de François Desjardins et de Marie Poulain, parties suppliantes, accorde qu'icelles parties soient dispensées de l'empêchement du troisième au quatrième degré de consanguinité et, en ce faisant, qu'il leur soit permis de parachever leur mariage en gardant les solennités de l'Eglise et pourvu qu'autre empêchement ne survienne. Fait le 16ème jour de septembre 1647.

.... Constant

        1  Marie Poulain

        2  Jacques Desjardin          1  Gaspar Poulain

        3  Nicolas Desjardin          2  Claude Poulain

        4  François Desjardin         3  Marie Poulain

Note : la colonne gauche de cette généalogie est barrée.


Du lundi 16ème jour de septembre 1647, pardevant Claude Tristan, vicaire général, a dit après serment par lui fait avoir nom François Desjardin, coquetier demt a Cuignères, âgé de 22 ans ou environ.

A dit qu'il reconnaît son seing étant au bas de l'écrit qu'il a présenté à monseigneur afin d'être dispensé de l'empêchement du troisième au quatrième degré de consanguinité auquel il est parent avec Marie Poulain, ne peut conter la généalogie et se soumet au dire des témoins et ne savoir autre empêchement audit mariage.

A dit qu'il n'y a aucun parti sortable à sa condition audit Cuignères à cause qu'ils sont tous parents et que le lieu est petit, seulement de quarante feux ou environ.

A dit qu'il lui appartient trois mines de terre de trente livres la mine et que ladite Poullain fille, n'a d'avantage que lui.

A dit qu'il n'a contraint ni forcé ladite fille à lui faire lesdites promesses, que c'est de sa bonne volonté et du consentement de sa mère et parents.

A dit qu'ils sont de la religion catholique, apostolique et romaine et ne s'est passé entre eux que bien et honneur. C'est ce qu'il a dit.

François Desjardin


A dit après serment par elle fait, avoir nom Marie Poullain, fille de Claude Poullain, à présent défunt, et Judic le Fébure, demeurant à Erquinvillers, âgée de 20 ans.

A dit qu'elle requérait lecture de la requête qu'elle non a prise conjointement avec François Desjardin, demt à Cuignères, afin d'être dispensée de l'empêchement du troisième au quatrième degré de consanguinité auquel ils sont parents, ne peut conter sa génalogie et se soumet au dire des témoins et ne sait autre empêchement audit mariage.

A dit que dans la paroisse qui n'est composée que de 15 ou 16 maisons, qu'il n'y a parti sortable à sa condition et qu'elle est contrainte d'aller audit Cuignères qui n'est distant dudit Erquinvillers que d'un quart de lieue.

A dit qu'il lui appartient à plein trois mines de terre de valeur de trente livres la mine.

A dit qu'elle n'a été contrainte ni forcée à faire lesdites promesses et que c'est de sa bonne volonté et du consentement de sa mère et parents.

A dit qu'ils sont de la religion catholique, apostolique et romaine et qu'il ne s'est passé entre eux que bien et honneur, c'est ce qu'elle a dit.

Marque de ladite Poullain


Du mercredi onzième jour de septembre mil six cent quarante et sept

Information a été faite par moi, Mre Simon Pirhaud, Curé de Sacy le Grand et doyen de Pont, en paroisses de Cuignères et d'Erquinvillers, suivant la commission donnée de Mr Claude Tristan, grand vicaire de Monseigneur de Beauvais, en date du septième dudit mois et an, afin de connaître la vérité sur certaine requête présentée audit seigneur évêque par François Desjardins, demeurant audit Cuignères, et par Marie Poulain, demeurant à Erquinvillers, afin d'être dispensés du troisième au quatrième degré de consanguinité, à laquelle information avons entendu à part, et un seul comme il suit.


Philippe Petit, manouvrier demeurant à Erquinvillers, âgé de soixante et deux ans ou environ, après serment fait, a déclaré bien connaître François Desjardins et Marie Poulain, l'un demeurant à Cuignères et l'autre à Erquinvillers, auxquels il n'est parent ni allié, et savoir que ledit François Desjardins et ladite Poulain sont parents ensemble du quatrième au troisième degré de consanguinité, par le moyen que Gaspard Poulain et Jeanne Poulain étaient frère et soeur; de Gaspard est issu Claude, duquel est provenu Marie Poulain suppliante, et de Jeanne Poulain, femme de Jean Boulanger, est issue Jeanne Boulanger, femme de Jacques Desjardins, desquels est issu Nicolas Desjardins dont est sorti François Desjardins suppliant. Par laquelle déposition on voit que lesdits Desjardins et Poulain suppliants sont du troisième au quatrième degré de consanguinité. A dit que ladite Marie Poulain ne peut rencontrer dans Erquinvillers aucun parti sortable à sa condition, ni aussi ledit François Desjardins ne peut rencontrer de parti sortable à sa condition dans Cuignères, la paroisse d'Erquinvillers ne contenant que vingt feux en tout, tant bien que mauvais, et celle de Cuignères soixante et dix feux ou environ, les deux paroisses étant si proches l'une de l'autre qu'elles ne sont distantes que d'un jet de pierre ou de la portée d'un mousquet et qu'il ne sait la nature, le bien des parties, lequel il ne connaît pas et qu'il a déclaré véritable et après lecture faite et a signé.

Marque dudit Petit


Jean Boulanger, laboureur demeurant à Erquinvillers, âgé de soixante et douze ans ou environ, lequel, après lecture faite, a déclaré bien connaître François Desjardins et Marie Poulain, pour être parent auxdites parties et savoir qu'elles sont parentes l'une à l'autre du troisième au quatrième degré de consanguinité, par le moyen que Gaspard Poulain et Adrienne Poulain étaient frère et soeur, de Gaspard est issu Claude et de Claude, Marie Poulain suppliante, et d'Adrienne Poulain, femme de Jean Boulanger, est issue Jeanne Boulanger, femme de Jacques Desjardins, desquels est sorti Nicolas Desjardins dont est provenu François Desjardins suppliant, par laquelle déposition se voit que lesdites parties sont du troisième au quatrième degré de consanguinité, ce que le déposant a déclaré véritable et, après lecture à lui faite, a signé le jour et an que dessus et n'a été entendu sur les autres faits mentionnés en la requête pour être parent aux parties.

Marque dudit déposant


Philippe Vuateblé, laboureur demeurant à Erquinvillers, âgé de trente cinq ans ou environ, après perquisition faite, ne s'étant rencontré personne dans Erquinvillers pour être ladite paroisse composée de vingt feux seulement, qui ne fut parent auxdits à Marie Poulain suppliante auquel et qui pense connaître le bien que Angélicque Lefébure, mère de ladite Poulain, lui donnera pour parvenir au prétendu mariage, raison pourquoi ledit déposant avait déclaré être parent à ladite Marie Poulain, a été reçu et entendu en la déposition qu'il a fait touchant le bien qui a été donné à ladite le Fébure conformément au contrat qui nous a été exhibé, duquel bien ledit Vuateblé a fait l'estime comme il suit : premièrement, ladite le Fébure donne à sa dite fille une pièce de terre chargée en blé estimée par le déposant à vingt écus pour le fond, et pour le blé, à trente livres, et pour le louage [une] mine et demie de blé par chacun an. Secondement, une mine et demie chargée en avoine estimée pour le fond trente écus et dix livres pour l'avoine, et pour le louage, [une] mine et demie de blé par chacun an. Item une autre pièce contenant une demi-mine cinq verges estimée par le déposant à dix écus pour le fond et pour l'avoine quatre livres, et pour le le louage par chacun an, à trois quartiers, et que de là consiste tout le foin qui a été donné à ladite Poulain, comme il se voit par le contrat passé le quatorzième de juillet mil six cent quarante et sept, et dit aussi que ladite Poulain ne rencontre aucun parti sortable à sa condition dans ladite paroisse qui n'est composée que de vingt feux, tant bien que mauvais, et après lecture faite audit déposant de sa dite déposition et serment fait sur icelle, a dit contenir vérité et a signé les jour et an que dessus.

Philippe Vuateblé


Philippe le Grand, receveur d'Erquinvillers et y demeurant, âgé de cinquante ans ou environ, après serment fait, a déclaré bien connaître François Desjardins de Cuignères et Marie Poulain d'Erquinvillers auxquels il n'est parent ni allié, desquels il ignore la condition et que le bien de ladite Poulain a dit bien connaître et que la mère d'icelle lui donnait pour parvenir au prétendu mariage, savoir une mine de terre chargée en blé, laquelle a été estimée vingt écus pour le fond, pour le blé trente livres, et pour le louage par chacun an à une mine et demie de blé la mine. Item d'une mine et demie de terre chargée en avoine estimée pour le fond à trente écus, pour l'avoine à dix livres, et pour le louage à [une] mine et demie de blé par chacun an. Item une autre pièce contenant une demi-mine cinq verges chargée en avoine estimée à dix écus pour le fond, pour l'avoine à quatre livres et pour le louage à trois quartiers, en quoi consiste le fond donné à ladite Poulain. Dit aussi ledit déposant qu'il n'y a aucun parti dans ladite paroisse d'Erquinvillers sortable à la condition de ladite Poulain, laquelle paroisse n'est composée que de vingt feux, et qui est tout proche et joignant celle de Cuignères. De laquelle déposition, lecture ayant été faite au déposant, a dit contenir vérité et a signé les jour et an que dessus.

Philippe le Grand


Michel de Monchy, laboureur demeurant à Cuignères, âgé de cinquante ans ou environ, après serment fait, a déclaré bien connaître François Desjardins et Marie Poulain auxquels il n'est parent ni allié, et n'avoir aucune connaissance de la généalogie ni mais que pour le bien qui peut comporter et appartenir aux dites parties, ils n'en ont que ce que leurs pères et mères leur donnent pour parvenir au prétendu mariage entre eux, comme il l'a vu par le contrat passé dont ledit déposant a fait l'estime comme il suit. Premièrement, a été donné audit Desjardins une mine et demie de terre chargée en blé estimée pour le fond à quinze écus, pour le blé neuf livres et pour le louage une mine de grains. Item dix vingt une mine dix verges estimée seize livres, pour le louage, une mine de grains. Item trois quartiers chargés en blé estimés dix livres pour le fond, pour le blé sept livres et pour le louage un quartier de grains. Item trois quartiers d'héritage sans rapport, le fond estimé quinze livres et qu'en tout ce que dessus consiste le fond donné audit Desjardins par son père. Dit aussi ledit déposant qu'il n'y a aucun parti sortable à la condition dudit Desjardins dans ladite paroisse de Cuignères qui est toute proche et point plus distante d'Erquinvillers d'un jet de pierre ou de cent pas, dans laquelle paroisse de Cuignères, il y a soixante feux ou environ. Laquelle le déposant a déclaré véritable après lecture à lui faite de sa déposition et a signé les jour et an que dessus.

Michel de Monchy