L'ECOLE D'AMBLENY

Dans les archives d'Hector Moutonnet, notaire à Ambleny (AD Aisne, 213E tome 14), nous avons trouvé quelques feuilles dactylographiées (sans indication d'auteur) concernant l'école d'Ambleny. Nous reproduisons ici ce texte en le complétant quelque peu grâce à quelques renseignements trouvés ici et là.

 
  L'école d'Ambleny est de création très ancienne. En 1320, nous trouvons
mention de Pierre Bernage, clerc. Plus tard, nous trouvons Perronet Druez,
clerc, demeurant à Ambleny en 1367. 
 
Liste des maîtres d'école : 
 
1320        Pierre Bernage 
1367        Perronet Druez 
 
1581        Pierre Macaire 
1624        Antoine Grau (Antoine Grau est déjà prêtre en 1605) 
1637        Adrien Delacroix dit Desse 
1653        Sulpice Lolliot 
1661        François Féry (apparaît du 14.04.1661 au 18.11.1666) 
1671        Nicolas Pestel 
1680        Nicolas Desse 
1688        Charles Foy 
1690        Charles Duflos 
1698        François Barbier 
1724        Charles Duflos fils 
1745-1790   Louis Oudoux + en 1790 
1790-1830   Jean Louis Joseph Oudoux 
1830-1839   Legros 
1839        Huret, ancien instituteur d'Hartennes, mort du choléra en 1849
1850-1855   Bertrand 
1855-1879   Ferdinand Bruge 
1879-1899   Joseph Lefèvre 
 
  Au début du XVIIIème siècle, les cours ont lieu de 8 h à 11 h et de 14 h
à 17 h. Le catéchisme est fait à l'école deux fois par semaine. Le maître
d'école est chargé de conduire les enfants à la messe les dimanches et fêtes. 
 
  A la révolution, l'école, dirigée par Jean Louis Joseph Oudoux, est instal-
lée dans la maison qui se trouve sur la place, que Claude Devaux loue à la
commune 60 francs par an. 
 
  Le 2 floréal an II (21 avril 1794), Nicolas Oudoux, anciennement institu-
teur à Celles sur Aisne et parent avec Jean Louis Joseph Oudoux, vient ouvrir
une seconde école. Le 22 prairial an II (10 juin 1794), les agents municipaux
viennent visiter les deux écoles et constatent que dans celle de Jean Louis
Joseph Oudoux, il y a 39 enfants et que le "Citoyen Oudoux enseigne dans les
livres adoptés par la Convention"; celle de Nicolas Oudoux ne comporte que 16
inscrits et 13 présents et "ledit Nicolas Oudoux enseigne dans les livres
appelés Ancien Testament et alphabets dont on se servait sous l'ancien régi-
me". L'école de Nicolas Oudoux dut faire long feu car il n'en est plus ques-
tion dans les années qui suivent. 
 
  Le 8 messidor an II (26 juin 1794) Jean Louis Joseph Oudoux fait part à la
municipalité de ses difficultés à faire respecter le nouveau calendrier. Il
déclare que plusieurs dimanches de suite il a ouvert son école et sonné le
début de la classe sans que personne se présente. 
 
  Le 30 juillet 1794, l'instituteur demande à la commune de pouvoir se faire
assister d'un "sous maître". Il propose Jean Baptiste Oudoux alors âgé de 15
ans. Après avoir examiné ses connaissances, la municipalité accepte. 
 
  On peut penser que l'instituteur ait été obligé de se faire assister à la
suite de la fermeture de l'autre école qui dut lui amener des élèves en plus. 
D'ailleurs, le 17 mai 1794, lorsque les officiers municipaux visitent une
nouvelle fois l'école pour vérifier s'il est fait usage des livres adoptés
par la Convention nationale, ils constatent que le nombre des enfants est de
55.
 
  A partir du 21 avril 1795, Jean Louis Joseph Oudoux et sa femme Marie Ma-
deleine Rémy sont instituteurs de "l'arrondissement d'Ambleny" qui comprend
Ambleny, Ressons et Pernant. On les met alors en possession du presbytère
qui leur servira de logement et de salle de classe. 
 
  Cette école d'arrondissement ne dure, semble-t-il, que peu de temps, puis-
que le 29 nivôse an 6 (18 janvier 1798), le presbytère est vendu à François
Langlois. Oudoux s'était auparavant réinstallé dans la maison située sur la
place, qu'il avait alors achetée. 
 
  Le 5 août 1797 la municipalité alloue à l'instituteur un traitement de 350
livres et la jouissance d'une pièce de pré. De plus, chaque habitant lui paie
chaque année une somme fixe et une redevance en blé. 
 
  Le 22 novembre 1805 le Conseil municipal lui alloue 67 esseins de blé (3463
litres), à payer par les habitants. Les parents d'élèves paieront "0,20 F pour
les enfants à l'alphabet, 0,30 F pour ceux un peu plus avancés, 0,40 F ou 8
sols pour ceux qui écrivent". L'instituteur touche en outre 60 F d'indemnité
de logement et 60 F pour la conduite de l'horloge du village. L'école a lieu
toute l'année, sauf 15 jours pendant la vendange. Le jeudi après midi est
congé. 
 
  Outre l'enseignement de la lecture, l'écriture et le calcul décimal, l'ins-
tituteur fait réciter le catéchisme le mercredi et le samedi, il sonne l'An-
gélus "au matin, à midi et au soir", porte l'eau bénite le dimanche. 
 
  En 1811 la place manque dans l'école. La municipalité pense racheter au
Maire l'ancien presbytère afin d'y installer la maison commune, le presbytère
et l'école. Pour cela il faudra construire un bâtiment en plus. La municipa-
lité n'obtient l'autorisation de la Préfecture que 7 ans plus tard et l'acqui-
sition ne se fait donc qu'en 1818. 
 
  Entre temps, le Baron Clouet s'était installé dans le presbytère et y avait
ouvert une école libre. Dans une déclaration datée du 17 avril 1817, Jean 
Louis Joseph Oudoux indiquait que le Baron Clouet utilisait une nouvelle ma-
nière d'enseigner, qui consistait à apprendre à lire et écrire en même temps. 
 
  La municipalité n'utilisa pas le presbytère pour installer l'école. Elle fit
l'acquisition d'une maison située "rue d'Antale vis-à-vis de celle conduisant
aux Tournelles" et fut autorisée en 1831 à construire un bâtiment à usage de
mairie et école. 
 
  Les travaux, estimés à 4492,56 F par Gemont architecte, sont adjugés au
rabais à Nivon, maçon à Vaurezis, moyennant 3896,85 F. La municipalité ayant
décidé d'ajouter un étage à l'école et de construire une remise pour la pompe
à incendie, les travaux, terminés le 19 août 1836, se montèrent à 8745,95 F.
La maison qui existait sur le terrain, étant devenue inutile, fut vendue en
1842. 
 
  En 1867 on construisit un mur de clôture côté rue et un petit logement pour
servir de corps de garde et une autre remise pour la pompe à incendie, car la
première fut transformée en buanderie à l'usage de l'instituteur. Enfin, en
1908, différents travaux de rénovation sont entrepris. 
 
  L'école ayant été détruite pendant la guerre de 1914-1918, fut entièrement
démolie et reconstruite.